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Tome deuxième.
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Si l’Institut n’était point le maître de l’enseignement et de toutes lespositions, par la pression rpi’il exerce sur l’administration, le mode denomination d’un jury par les concurrents eux-mêmes offrirait des garan-ties suffisantes. Mais dans l’état actuel des choses, ce mode ne peut donneraux concurrents qui se tiennent en dehors de la congrégation un jury dontl’impartialité ne soit pas douteuse.

La majorité des concurrents étant évidemment dans la zone de la médio-crité, nommera un jury favorable à cette médiocrité.

Remarquons bien que pour élever un édifice neuf, il s’agit de choisirl’homme le plus capable de remplir celte mission, et non de satisfaire telleou telle école ou coterie. Or, ce personnage capable peut cire parfaite-menfisolé, en dehors de toute camaraderie.

Ce n’est donc pas sur la camaraderie qu’il faudra compter pour le dési-gner, et les jurys nommés parles artistes en vue d’un concours ont tou-jours une majorité composée d’une camaraderie, soit prise dans l’Institut,soit prise en dehors; ee n’en est pas moins contraire à l’impartialité d’unjugement. La formation d’un jury par le tirage au sort, sur une liste denotabilités prises dans les arts, serait préférable nu système électif; maisencore, avec ce mode de procéder, y a-t-il beaucoup de chances pourque le concurrent isolé, sans attaches, mais peut-être le plus habile et leplus capable, ne soit point choisi. On croirait que les concours, — je neparle toujours que de ceux qui ont un grand retentissement et sont faitspour exciter les hautes ambitions, — font habituellement ressortir cestalents ignorés, élevés dans l’obscurité, mais d’une distinction et d’uneoriginalité puissantes. Cela n’est pas, par les motifs suffisamment déve-loppés plus haut. Les concours solennels érigent parfois un inconnu surun piédestal, mais ce n’est pas tant parce que cet inconnu montre dansses travaux exposés les preuves de hautes capacités, que parce qu’il est unterrain neutre sur lequel les rivalités composant un jury parviennent,vaille que vaille, à s’entendre, pour éviter, avant tout, de proclamer unnom significatif, une valeur. Et cependant un jury composé de notabilitéssérieuses, quelle que soit d’ailleurs la passion qui les anime devant desœuvres exposées, apporte dans la discussion une raison généralementsaine, des appréciations justes; car entre gens pratiquant le même artou le même métier, il est des questions sur lesquelles les opinions lesplus diverses se rencontrent. Et s’il s’agit d’architecture, art et sciencepositive à la fois, des praticiens ne peuvent guère manquer de s’accorderen des points importants. On voit donc, dans ces sortes de jugements, lejury se rendre en apparence aux meilleures raisons, ne pas discuter cer-taines qualités incontestables, convenir des défauts non moins contestables