VINGTIÈME ENTKETIEN.
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de lels ou tels concurrents, mais voler dans un sens absolument opposéaux appréciations en bien ou en mal que cette discussion paraissait avoirl'ait ressortir et qui devaient dès lors diriger l’opinion des juges. Commepraticien, comme artiste, le juré se rend à l’évidence et aux bonnesraisons émises dans un sens ou dans l’autre; comme homme, il votesuivant sa passion.
11 faudrait donc, pour que la valeur des concurrents fut appréciée avecautant d’équité que possible, une discussion devant leurs œuvres, entregens de métier, notoirement capables, habiles à faire valoir les motifsde leurs préférences ou leurs critiques, et que cette discussion fûtentendue par un jury chargé d’émettre ses votes en faveur du concur-rent dont cet examen aurait fait ressortir les qualités.
Imagine-t-on quel serait le sort des accusés traduits en Cour d’assises,s’ils devaient être jugés par les conseillers, l’avocat général et les avocatsplaidants ?
Eh bien, cette situation est faite aux artistes dans les concoursd’architecture.
A priori , il y a beaucoup à parier qu’avant l’examen des projets,chaque juré a son siège fait, et s’est dit à part lui que, quoi qu’il advienne,il ne votera pas en faveur de tel ou tel.
Ce procédé admis, qui consiste à ne pas être censé connaître les concur-rents participant à un concours, solennel surtout, est enfantin. Il n’estpas un membre du jury appelé à juger ces sortes de concours qui nesache le nom de l’artiste que cache une devise.
Aussi serait-il bon de laisser de côté cette habitude hypocrite et quine fait que prêter à la passion un voile d’impartialité. Cette puérilité effa-cée, les concurrents n’étant plus supposés cachés par une devise, ilserait équitable qu’ils fussent appelés à expliquer eux-mêmes leurs pro-jets et les moyens d’exécution qu’ils se proposent d’adopter. Il n’y arienlà d’impraticable.
Sur un nombre considérable de projets exposés, il y en a au moins lestrois quarts qui, par leur infériorité manifeste, sont hors de toute discus-sion et ne peuvent soutenir l’examen.
Reste un certain nombre très-restreint de projets, qui donnent lieualors aux plus vives discussions, et parmi lesquels il est difficile de choisirle meilleur, à tous les points de vue. Souvent alors — même en suppo-sant le juré doué d’une impartialité égale à ses capacités— un renduincomplet ou peu attrayant, une disposition mal comprise par les juges,font écarter un projet qui cependant présente, au point de vue de l’exécu-tion, les qualités les plus recommandables.
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