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Tome deuxième.
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VINGTIÈME ENTRETIEN.

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ne peut exiger d’eux la présence conslanle sur le las, d'un atelierd’ouvriers <pii resteraient les trois quarts de la journée les liras croisés.C’est donc à l’architecte à prévoir le moment exact où ces derniers devrontapporter leur concours à l’œuvre; mais ce moment exact est souventdifficile à connaître. Le travail peut aller plus rapidement ou plus lente-ment qu’on ne le supposait; de là des retards, puisqu’il Luit n’appelerles corps d’état que juste au moment où leur présence est nécessaire etque la transmission seule de l’ordre entraîne des délais. Lorsque lesentrepreneurs sont bien choisis, payés raisonnablement et dès lors dévouésà l’œuvre, chacun d’eux met son zèle et son amour-propre à satisfaireaux exigences des travaux; mais si, comme il n’arrive que trop souventpar suite des adjudications, ces entrepreneurs ont souscrit des rabaisexcessifs, iis ne s’exécutent qu’avec toutes sortes de difficultés et cher-chent naturellement des prétextes pour soulever des réclamations entoutes circonstances. Certains de ne rien gagner ou meme de perdrede l’argent sur leur entreprise, ils se dérobent aux ordres qui leurparaissent exiger des sacrifices de temps et d’argent pour être exécutésrapidement. C’est là le côté réellement déplorable de notre mode d’adju-dication _ ’ " , et ce qui fait que les entrepreneurs les plus capables

et les plus consciencieux ne soumissionnent pas volontiers les travauxd’une importance très-sérieuse.

L’administration possède les éléments propres à établir des séries deprix sur des bases certaines. Elle connaît aussi bien que les entrepreneursles prix des matériaux et de la main-d’œuvre, à un moment donné. Cesprix ne sont d’ailleurs un mystère pour personne. Donc, elle établit lesprix en supputant la part des bénéfices réguliers et des faux frais. Elleadmet, par exemple, que ces bénéfices et faux frais doivent s’élever à15 pour 100. Elle procède à l’adjudication ; survient un entrepreneur quisouscrit un rabais de 20 pour 100. Dès lors, ou il faut admettre quel’administration s’est gravement trompée dans ses évaluations, ou quel’entrepreneur consent à se ruiner, ou qu’il compte tromper cette admi-nistration ; le premier cas est peu admissible, les deux autres sont pro-fondément immoraux.

Pourquoi cependant ce fait se présente-t-il si fréquemment? C’estqu’il est toute une classe d’entrepreneurs qui ne se préoccupent que d’unechose : c’est de pouvoir disposer de fonds pour couvrir des déficits pré-cédents, et qui empruntent ainsi à un taux usuraire. Ils n’ignorent pasque l’entreprise se soldera pour eux en perte ; ils n’ont, le plus souvent,ni la volonté ni le pouvoir de tromper, mais il leur finit de l’argent, coûteque coûte, soit pour payer des arriérés, soit pour soutenir leur atelier,