Band 
Tome deuxième.
Seite
420
JPEG-Download
 

EiNTIlETIKNS SUIt l’aIU.IIITECTUIIE.

/rio

soit surtout pour maintenir leur crédit. Ainsi, faisant de la terre le fossé,ils s’acheminent plus ou moins rapidement vers la faillite. Ils espèrent enune cireonstancc.imprévue; ils établiront tout un système de réclamations;par suite, des lenteurs dans les " ' ’ ’ s, qui leur permettront de fairemiroiter aux yeux de leurs créanciers des espérances au moyen desquellesceux-ci prendront patience. Ayant un pied déjà dans la faillite, ils recu-lent autant que possible le moment de la chute finale. En lace de cetteclasse d’entrepreneurs, la position de Parehilecte est des [dus fâcheuses :s’il a quelque pratique, _ ' e expérience, il sait parfaitement quechaque jour augmente l’étendue du déficit chez son entrepreneur. 11 estsans cesse dans la crainte d’être trompé ; il hésite à demander à un hommequi se ruine évidemment des sacrifices souvent nécessaires, soit pouractiver le travail, soit pour obtenir une exécution parfaite. Quelquefoisla faillite survient avant l’achèvement de l’entreprise et alors les em-barras, les lenteurs, les difficultés de tout genre en compromettent lesuccès.

11 arrive aussi que ces entrepreneurs soumissionnaires à des priximpossibles ont affaire à des architectes peu expérimentés. Si ces entre-preneurs sont adroits, ils trouvent moyen de se tirer d’affaire. Par des rai-sons plus ou moins bonnes, mais qu’ils ont toujours le soin de présentercomme excellentes, ils obtiennent de l’architecte des substitutions dematériaux. Ils prennent pour prétexte que ceux portés à la série des prix(s’il s’agit de pierres, par exemple) n’existent [dus, que les carrières sontépuisées, et en effet, ils font venir sur le chantier des matériaux défec-tueux.

Us se désolent, s'emportent contre les fournisseurs, proposent à l’ar-chitecte de l’accompagner sur la carrière pour examiner les gisements deces matériaux. On s’y transporte en effet, et l’on fait voir à cet architectequi ne sait trop comment les pierres se comportent en carrière, — oùaurait-il appris cela?— tout ce qu’on veut.

Donc, on se décide à mettre en œuvre d’autres matériaux que ceuxportés au devis et à la série.

Les cahiers des charges prévoient le cas; il y est dit : « Que les maté-riaux non portés aux séries seront réglés par analogie. » Dès lors toutmarche bien jusqu’au jour du règlement des mémoires. A ce moment,l’entrepreneur n’admet pas Y analogie que le vérificateur prétend établir;on entre dans la voie des réclamations et des procès sans fin. C’est autantde gagné pour l’entrepreneur, car tant que ces difficultés sont pendantes,il espère conserver son crédit. En ces circonstances, il est bien rare quel’État ou les communes n’aient pas à rendre une bonne partie des