de son sol : car la richesse, en Belgique , est à deuxétages; la Belgique doit plus à la nature, mais la France doit plus à l’art. Nul doute que si le peuple français,jetant le fusil pour saisir le marteau, avait su se servirdu levier de l’association, il n’eût pas tardé à prendredans l’industrie le rang qu’il occupait dans les armes ;mais nous voyons avec peine cette nation qui semblait,en 1830, désireuse de secouer son ancienne réputationde légèreté pour devenir un peuple penseur, abandon-ner cette louable tendance. On aurait tort de croire ce-pendant que cet échec ait ruiné beaucoup de monde;car la fiiria francese adopte une idée neuve avec fureuret la rejette de même. Par exemple, lancés en aveuglesdans le système de l’association, les Français s’en sontretirés en étourdis. Il est vrai que l’association, à sonentrée dans la capitale, est tombée, comme une jeunenovice, en de fort mauvaises mains : elle cherchaitd’honnêtes et solides maisons, on l’a conduite dans lescoulisses de la Bourse , d’où elle s’est échappée, meur-trie, échevelée, pour ne revenir de longtemps.
D’un prétendu milliard versé dans les sociétés encommandite, fondées la plupart sur des industries fic-tives ou sur des inventions inachevées, il n’y a pas eudix millions de réellement engagés; tous ces cris desspéculateurs désappointés n’étaient point causés par despertes réelles, mais par des manque à gagner, comme ondit : tel perdait 500 actions industrielles de mille francsqu’il s’était appliquées comme fondateur, banquier, en-tremetteur ou compère, qui allait partout se vantantd’avoir perdu un demi-million. De sorte que le milliardenfoui dans les affaires de l’association n’a, au fond,ruiné personne, mais il aurait enrichi tout le monde si