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Tome premier.
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En mécanique comme en éloquence, la prolixité estce qui exige le moins de peine ; tout long discours ettoute machine compliquée dénotent absence de réflexionou absence de travail. Pascal disait : « Pardonnez la lon-gueur de ma lettre, je n’ai pas eu le temps de la faireplus courte. » Plus d’un mécanicien pourrait en dire au-tant de son œuvre. Napoléon produisait plus d’effet endeux mots qu’un autre n’en eût produit en cinquante. Lamécanique attend son Napoléon ; elle en a besoin, carelle nous semble parvenue aujourd’hui au plus hautpoint de complication qu’il soit permis d’atteindre.

Le mécanicien ouvrier, obligé de pourvoir au gain dela journée, n’a ni le temps ni les moyens de méditer suf-fisamment une machine ; il ne peut prendre non plus larésolution de renverser de fond en comble un édifice auxtrois quarts achevé, comme le savant renverse un plan ;une ligne est plutôt effacée et refaite qu’une pièce n’estbrisée et reforgée.

Le mécanicien exécutant ignore ou ne peut suivre leprécepte de Boileau : Ajoutez quelquefois et souvent effacez.Il ne sait corriger qu’en ajoutant un contre-poids par-ci,un ressort par-là, jusqu’à ce qu’il ait obtenu le résultatcherché. Il s’applaudit alors, parce qu’il croit sa machineparfaite : le malheureux n’a produit qu’un monstre del’espèce du chef-d’œuvre de Marly (I), mais un monstre

(1) Un fait peu connu, c’cst que l’inventeur de la machine deMarly, qui était Belge , a débuté par établir son système aux bainsde Chaudfontaine , où il existe encore, quoique sur une petiteéchelle; il est ensuite venu l’établir à Ettcrbeek pour monter l’eauà Bruxelles . C’est sur la réputation que lui firent ces deux ouvragesqu’il lut appelé pour exécuter cette fameuse machine de Marly,qu'on a remplacée depuis peu par une machine à vapeur. Ceci