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courante des métiers à filer, elle embrasse encore la fa-brication des armes et de beaucoup d’autres objets demécanique; elle est située avenue Parmentier, n° 3, àParis .
Tout en admirant les efforts de génie qu’il a fallu pourporter ces métiers à filer le coton à un si haut point deperfection, nous ne pouvons nous défendre d’un senti-ment pénible en songeant qu’ils sont peut-être les der-niers de leur race ; car le coton s’en va, chassé par lamousseline-laine, tissu nouveau, léger, moelleux, in-froissable et peu cher.
Déjà la cuisinière et la simple grisette repoussent lecoton; c’en est fait de lui : la laine et le lin, ces deuxlégitimités européennes, se sont ligués pour repousserl’usurpateur américain; mais on ne dira pas d’eux,comme de la branche ainée, qu’ils n’ont rien appris, ilsreviennent au contraire complètement transformés, sou-ples, fins et forts, de rudes et grossiers qu’ils étaient.La laine d’Europe s’est thibétisée, le lin s’est sétifîé, etde leur alliance aux travaux du bombyx, vont sortir destrésors de riches et gracieux tissus, capables de satis-faire à tous les goûts kaléidoscopiques du sexe féminin.Comme un malheur ne vient pas plus seul que le prolifi-que acarus, voici que les Américains se sont avisés defiler, de tisser, de peindre, de voiturer et de vendre eux-mêmes le coton qu’ils nous envoyaient à l’état brut.Comment l’Europe pourrait-elle aujourd’hui soutenirla concurrence américaine dans tous les ports aborda-bles aux navires de l’Union?
Nous le disons avec conviction, la fabrication coton-nière est à la veille d’éprouver en Europe le même sortqu’elle a subi dans les Indes , il y a une trentaine d’an-