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les pays, et c’est ce qui a donné naissance à tous vosateliers de machines, qui n’eussent jamais été, sans cela,que de petits ateliers de raccommodage.
» Cette faute du gouvernement a donné lieu à l’émi-gration de beaucoup de mécaniciens anglais , qui ne fus-sent pas sortis de chez nous pour passer à l’ennemi etlever le marteau de la concurrence contre leur patrie.
» Ce sont les gens qui se servent des machines et nonceux qui les font qui ont provoqué cette sotte mesuredont ils se repentent aujourd’hui ; les idées sont bienchangées, comme vous voyez, car ils sollicitent tous lesjours la levée de cette interdiction, pour l’observance delaquelle ils armaient en course, à leurs frais, contre lessmoglers qui tentaient de frauder des machines dont ilsvoudraient de grand cœur se débarrasser à présent.
» Je m'aperçois que tout ceci vous surprend, mais jevais vous expliquer le mot de cette longue énigme.
>. Quand apparut la mull-jenny, le métier à tulle, nosbatteurs-étaleurs, nos drousettes et nos self-actings de touteespèce, cela sembla si prodigieux aux personnes igno-rantes des ressources de la mécanique, en tète desquel-les on comptait à cette époque tous nos gouvernants, quecela produisit l’effet d’autant de révélations, d’autant demiracles : on crut que ces machines avaient atteint dupremier coup le plus haut degré de perfectionnementpossible, et qu’en les cachant bien, l’Angleterre resteraiten possession de l’industrie de l’univers entier ; les bra-ves gens ne savaient pas ce qu’ils commencent à savoiraujourd’hui, c’est que le progrès est un plan incliné dontla base est partout et le sommet nulle part.
» Ce qu’un homme a fait peut toujours être perfec-lionné par un autre, et c’est malheureusement ce qui