curieuse conversation que nous eûmes avec lui au sujetdes machines.
Comme nous lui témoignions notre admiration et lebonheur que nous aurions en Belgique de posséder desinstruments aussi parfaits : — « Ils sont à vendre, nousdit-il. — Comment! vous vendriez des machines dontun seul modèle servirait à vous faire une concurrenceredoutable sur le continent?—Sans doute, et vous pou-vez faire votre choix dans nos assortiments ; elles sonttoutes neuves et marchent fort bien, comme vous voyez.
— Mais alors vous les vendriez à un prix exorbitant?—Au contraire, à 25 p. c. de rabais sur le prix de fabrique.
— Vous engageriez-vous à les livrer sur le continent?
« — Ah ! voilà le mal : une loi absurde défend la
sortie de nos machines; nous avons beau en réclamerl’abolition; le gouvernement, en s’obstinant à nous pro-téger malgré nous, a fait un mal immense à l’Angleterre,qui, sans cela, serait en état de fournir des machinesaux quatre parties du monde.
» C’est cette abominable erreur qui a donné naissanceà tous les grands ateliers de mécanique du continent :Seraing et le Phénix en Belgique , le Creuzot et Charen-ton en France , n’eussent jamais fait une machine à va-peur ni un métier à filer, si on les eût laissés librementsortir d’Angleterre, parce que nous avons le charbon, lefer et le transport à meilleur marché ; que nos construc-teurs et nos ouvriers sont plus habiles, et, on peut ledire, plus consciencieux dans leur travail que partoutailleurs. Mais quand on a pu, au moyen de la fraude etd’une assurance qui s’élève de 45 à 80 pour cent, se pro-curer les pièces d’un de nos métiers, il a bien fallu cher-cher le moyen d’en faire construire d’autres dans tous