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Tome premier.
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bition : remède héroïque, mais inconstitutionnel en cequ’il sacrifie la majorité à la minorité et les intérêts detrente-six millions de consommateurs ceux d’un petitnombre de producteurs.

Au milieu de tout cela, nous ne savons comment laBelgique fera pour sortir plus heureusement de ce pasdifficile. Nous aussi nous avons nos filateurs et nos cinqcent mille fileuses que nous avions prié M. le ministredu commerce, à Paris , de vouloir bien ménager. —« Chacun sent son mal, nous a-t-il répondu ; si la Flan-dre en a cinq cent mille, la France en a quinze centmille tout aussi malheureuses et par conséquent aussidignes de notre sollicitude. »

Pendant ce temps, les Anglais continuent à entretenirà Lille , depuis six ans, des agents sans cesse occupés àcharger des navires de nos lins, et qui nous rapportentjusqu’aux étoupes admirablement filées, à des prix quinous forcent de les racheter.

Du reste, ce sont les Français eux-mêmes qui se sontencombrés de fils anglais . Des spéculateurs en ont em-magasiné pour des sommes énormes, au point d’occa-sionner un reflux dans l’écoulement. C’est alors que lesAnglais ont cru devoir établir des dépôts sur tous lespoints de la France , afin de pousser à la vente par leurspropres employés.

L’arrivée des fils a pris un tel accroissement, qu’on aétabli deux lignes de bateaux à vapeur, l’une de IIull àDunkerque et l’autre de Belfast au Havre , principale-ment pour faciliter le prompt arrivage des fils de Leedset des toiles d’Irlande sur les côtes de France . On nesaurait à travers tout cela s’empêcher d’admirer l’adressediplomatique des marchands anglais , qui font prêcher