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Tome premier.
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par des missionnaires industriels les avantages de laliberté du commerce, sans en user eux-mêmes. Ils s’ex-cuseraient volontiers, comme le caissier de Danvilles’excusait du mariage : « Pour eux, c’est autre chose. »Vous verrez que le gouvernement de la Grande-Bretagneprendra fait et cause pour Marshall contre la France .Cet homme est considéré par la chambre des communes comme une des colonnes de l’industrie de la Grande-Bretagne, comme le messie de la classe des fileurs decoton dont l’Amérique du Nord est occupée à préparerla ruine, ce dont nous avons acquis aujourd’hui mêmela confirmation par le propriétaire de l’unique filaturedu Mexique .

Cet habile industriel, qui arrive des Etats-Unis , nousapprend que la seule ville de Lowel possède trente-deuxfilatures appartenant à une même compagnie. Elle a com-mencé presque sans capitaux, et possède aujourd’hui 45millionsdedolIars(75millionsdefrancs). Cette compagniecontinue à faire construire des fabriques pour augmen-ter sa production d’un tiers; elle fait déjà rouler 400,000broches, et occupe 15,000 fileuses tirées des campagnesvoisines, toutes jeunes femmes de dix-liuit à vingt ans.Lowel, qui n’existait pas il y a un quart de siècle, est au-jourd’hui une ville de 25,000 âmes; au dire de ce voya-geur, rien n’est plus exemplaire que la moralité qui règnedans ces contrées sans gendarmes, sans passe-ports etpresque sans police ; on est surpris du faible nombre decrimes qui s’y commettent, et l’on attribue sans hésiterce bien-être au travail. Là, tout le monde est à l’œuvre;la paresse y est inconnue ; chacun y a son occupation ré-gulière et lucrative : c’est un exemple frappant en fa-veur de l’opinion qui regarde le travail comme essen-