tiellement moralisateur, et cela doit être, puisque l’oisi-veté est la mère de tous les vices.
Le premier de tous les soucis de tout gouvernementdoit donc être de favoriser le travail et d’honorer lestravailleurs, puisque tous les avantages matériels et mo-raux procèdent naturellement de cette cause première.
Lowel n’est pas la seule ville où la filature du coton apris un pareil développement; la ville de Nashua , quin’existait pas il y a six ans, possède déjà six fabriquesde coton aussi grandes que celles de Lowel, dont lacompagnie a canalisé le Merrimack, rivière qui unit cesdeux villes naissantes. Lowel est à huit lieues de Boston .
Si l’Amérique , que la culture et la vente du cotonbrut ont enrichie, avait envie de s’approprier la fabri-cation entière aux dépens de l’Europe , elle commence-rait, pensions-nous, par faire périr la belle manufactureque les frères Legrand ont établie près de Mexico . Maisle gouvernement la protège par un droit considérablequi permet de réaliser d’énormes bénéfices : on en ju-gera en apprenant qu’ils vendent plus de 4 fr. la livrede coton filé et qu’ils filent jour et nuit avec 40,000broches.
Leur dépense d’éclairage s’élève à 5,000 fr. par mois,l’huile étant d’un prix excessif dans ce pays où les plusgrossiers procédés de l’industrie sont encore inconnus ;l’extraction de la résine, par exemple, est encore ignoréedans un pays couvert de forêts de sapins, dont les na-turels ont pour tout luminaire une branche de pinplantée comme un cierge dans une pierre percée, aumilieu de leur chambre. M. Legrand est venu comman-der en Belgique un grand nombre de machines. B sedispose en outre d’importer tous les appareils de l’éclai-