Band 
Tome premier.
Seite
128
JPEG-Download
 

— J 28 —

criture en dessous, sur des planchettes d’un bois forttendre, particulier à la Chine . Quand la feuille est sè-che, ils rhumectent légèrement avec une éponge et ladétachent de la planche où elle laisse l’empreinte descaractères. Ces planches sont envoyées chez les décou-peurs; ce sont, pour la plupart, des femmes et des en-fants de la campagne, qui tailladent fort proprementles lettres avec de petits instruments d’acier, et formentdes reliefs semblables à ceux des planches à imprimernos indiennes. On réunit toutes ces petites formes surune table plane. Ils n’ont aucune presse, aucun rouleau,ni rien de tout cet attirail coûteux qui compose nos im-primeries d’Europe . Le tout se réduit à passer légère-ment une brosse, trempée dans l’encre, sur toute la sur-face de la forme. Cela fait, un enfant place et maintientl’extrémité d’une feuille au bord de cette forme; unautre enfant tient l’autre extrémité soulevée et tendue,pendant que l’imprimeur passe sur la feuille une brossesèche qui la fait adhérer et prendre l’encre. Un bon ou-vrier tire ordinairement trois feuilles de chaque encrage,en appuyant successivement un peu plus fort avec labrosse.

L’encre qu’ils emploient étant délébile, tous les vieuxpapiers sont lavés et retournent au pilon.

De cette sorte, les éditeurs n’ont pas de capital mortcomme les nôtres.

M. Breton a vu faire une autre espèce de papier d’em-ballage très-tenace, qui ne se déchire pas plus aisémentque de la mousseline; le bas peuple chinois s’en sert enguise de mouchoir de poche. Ce papier, dont il nous adonné des échantillons, est composé de bourre de soie.

Quand les Européens apportèrent en Chine les pre-