plus que les propriétaires sur les raisons de la réductiondes métaux, sur l’action de l’air et des gaz, sur celle dusoufre et du phosphore, etc.
Cette ignorance est poussée plus loin qu’on ne pense ;car beaucoup de ces braves gens voient couler le fer,comme un idiot voit couler l’eau, sans y penser ou s’en-quérir du pourquoi.
Nous raconterons à ce sujet un fait qui nous est per-sonnel; il suffira pour donner une juste idée de la façondont la fabrication du fer est conduite dans quelquesusines de France .
Nous avions depuis plusieurs années, dans nos ate-liers, un assez habile graveur sur pierre, pinçant fortbien de la guitare : c’était tout son talent. Ce chanson-nier, assez original, disparut un beau matin de Bruxel-les, après en avoir gravé le plan, sans nous faire partdu lieu de sa retraite. A quelques semaines de là, nouspartîmes pour une excursion industrielle dans les usi-nes de la Haute-Marne et de la Haute-Saône . Arrivéau fourneau de Beaujeu, appartenant alors au duc deBassano, nous sollicitâmes l’honneur d’être présenté àM. le directeur. On nous fit attendre. B était deux heu-res, l’air était chaud, et M. le directeur faisait sa sieste.II descendit pourtant. Jugez de notre surprise, le di-recteur des hauts fourneaux du duc de Bassano était no-tre troubadour, lithographe hier, et maître de forgesaujourd’hui.
Nous nous amusâmes à le questionner sur le fer ; ilnous répondit qu’il n’était ferré que sur la pierre, maisqu’on le tenait pour un habile métallurgiste, puisqu’ilvenait de la Belgique , où l’on est fort sur l’article. Lefait est qu’il n’avait mis, de sa vie, le pied dans une de
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