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Tome premier.
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fa crise américaine arriva, et il fallut de nouveau fairede l’argent à tout prix. Une des plus fortes maisonsd’Angleterre vint offrir à la Belgique des rails àdeux cent douze francs le tonneau, rendus à Anvers ouà Ostende ; il fallut un grand courage pour les payer ledouble à nos fabricants indigènes.

Peu de temps après la crise, ils jetèrent unemasse de fonte en Belgique (1), et à tout prix; les ma-gasins s’encombrèrent, et des maisons de Valencienness’approvisionnèrent outre mesure, toujours dans la pré-vision des chemins de fer, qui, n’arrivant pas, les obli-gèrent à vendre à vil prix au commerce français . Dèslors il y eut interruption dans les demandes faites à noshauts fourneaux, qui furent obligés de chômer, en at-tendant que ce trop-plein fût épuisé.

Les fortunes princières faites en peu de temps dans lecommerce des fers avaient produit, en Angleterre, unevive concurrence; les nombreux projets de rail-waysdonnaient l’espoir fondé d’une demande sans limite;chaque jour le fer recevait de nouvelles applications ; laconstruction des bateaux et des charpentes en fer pre-nait plus de développement, et jamais il n’avait été per-mis de se livrer avec de plus belles chances à une spé-culation industrielle.

Si de grands désappointements ont eu lieu, c’est qu’onn’a pas donné les mêmes soins à chercher des emploisau fer qu’à le produire.

(1) On prétend que des spéculateurs font donner au fer battu laforme de lingots de fonte, et qu’ils en introduisent ainsi des massesconsidérables en Belgique , en se jouant de la surveillance des doua ■niers. Puisse cet avertissement les mettre sur leurs gardes!