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Tome premier.
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juger de l’immense attrait que présente la traite auxaventuriers qui veulent faire une fortune rapide.

Il est donc fort douteux que le gouvernement anglais mette une bien grande activité à la répression de cetodieux commerce, qui procure de si riches débouchésà l’industrie de ses sujets.

Un essai d’importation de l’étirage des canons de fusilavait été fait au Val Benoît par de jeunes et entrepre-nants industriels liégeois, les frères Combien ; mais lesdéfauts que nous avons signalés ont empêché ce pro-cédé de se naturaliser en Belgique ; il eût pu faire ungrand tort à la réputation des armes de Liège , qui estaujourd’hui si bien établie en Europe et en Améri-que .

La différence de main-d’œuvre est immense; car,tandis qu’un bon forgeron fait six canons en un jour,les cylindres en font six cents.

Pour revenir au procédé dont nous allons pour la pre-mière fois exposer tout le mécanisme, nous dirons quel’inventeur anglais avoue avoir gagné autant d'argent àfaire condamner les contrefacteurs, qu’avec sa fabrica-tion même.

En effet, son procédé étant le seul bon, et le besoin detubes étant fort grand, il y eut beaucoup de tentativesen Angleterre pour s’en emparer ; mais comme la loides patentes est d’une sévérité à toute épreuve quand ils’agit de garantir la propriété intellectuelle, toute tenta-tive de vol était à l’instant suivie d’une condamnation àde forts dommages et in&rôts, chose qui n’a jamais eulieu chez nous, l’inventeur ayant toujours contre lui,outre les préventions judiciaires, l’opinion générale, quiregarde un brevet comme un ancien reste des privilèges