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et monopoles que la grande révolution a eu pour butd’anéantir.
Cette malveillance n’existe pas en Angleterre , où leprivilège n’a pas été attaqué comme en France et enBelgique . Là un individu patenté pour une inventionest un citoyen aussi respectable qu’un autre, et sa pro-priété est aussi sacrée que celle de l’héritage du fils ainéd’un pair de la Grande-Bretagne.
Nous n’hésitons pas à croire que c’est au respect pourles inventions que l’Angleterre doit sa grande supério-rité industrielle, car les hommes de science de tous lespays s’empressent de lui porter le fruit de leurs décou-vertes et de l’abriter sous ses lois.
Le procédé dont nous parlons est d’une telle impor-tance , que les grands industriels du continent ont sou-vent fait courir le bruit qu’ils le possédaient. Nous con-naissons un des nôtres qui, pour masquer son indigencede ce chef, faisait souder à la main des tubes de gaz, par-les forgerons de la vallée de la Yesdre ; un homme etdeux aides lui fabriquaient trois tuyaux de 15 pieds dansla journée, en tout 45 pieds. M. Gandillot, ancien élèvede l’école polytechnique , importateur réel de ce pro-cédé, en fait 2,000 pieds par jour, avec six hommes;mais il a pris la peine d’aller apprendre et acheterle procédé anglais et de l’établir à la Briclie , prèsSaint-Denis , sur un pied fort respectable, qui lui per-mettra de fournir des tubes à toute la France , où ilest breveté d’importation et de perfectionnement.
C’est à sa complaisance que rfous devons l’avantage depouvoir faire jouir nos fabricants d’un procédé dontl’acquisition leur aurait peut-être coûté des sommes con-sidérables en Angleterre.