— 228 —
ses ouvriers, de se montrer plus habile qu’eux, s’il estpossible, dans les nombreux tours de mains qui consti-tuent sa spécialité.
M. Dida peut hardiment dire à la plupart de ceux quis’y prennent mal chez lui : Ote-toi de là que je m’ymette. Il sait exactement le nombre des petits bidonsqu’un ouvrier peut emboutir ou repousser sur le tour,le nombre de vis que l’on peut tarauder et de tètes quel’on peut refendre en une heure. Et, malgré cela, lesœils-de-bœuf de sa cage d’escalier font merveille. Dèsqu’il est sorti, l’ouvrier suppose néanmoins qu’il estobservé par son patron, et l’habitude de la flânerie s’estperdue dans ses ateliers.
Nous recommandons ce point à l’attention de tous lesindustriels ; de là dépend la ruine ou la prospérité d’uneentreprise. Il suffit de quelques trous ostensiblementpercés dans unç cloison ou dans un plancher, d’où lemaître puisse voir sans être vu, pour tenir en respecttout un atelier. Nous avons été à même de reconnaîtreque ces espions faisaient exactement le même effet utile,sur les ouvriers dissipés, que l’œil de Dieu sur les en-fants dévots.
Nous regardons cette nécessité d’une surveillance hy-pothétique dans les ateliers à la journée, comme unechose indispensable : la preuve en dérive de ce qu’unouvrier en conscience, qui ne confectionnait qu’un cer-tain nombre d’un objet donné en un jour, en fera deuxou trois fois plus, dès que vous le mettrez à la pièce ;car alors il s’ingéniera à trouver des méthodes et desprocédés de vitesse, qu’il n’eût jamais cherchés en tra-vaillant à la journée. Cette mise aux pièces, dès qu’elleest possible, ne doit pas être négligée; car, à quelque