— 233 —
dant que ce désappointement qui arrive à presque tousles inventeurs, et qui cause la ruine des entreprisesles mieux conçues et les plus utiles aux consomma-teurs.
Nous rendrons un grand service aux industriels entâchant de les éclairer sur cette singulière anomalie éco-nomique. L’erreur commune des hommes supérieurs etnovices, est de spéculer sur le bon sens, la raison etl’intelligence des masses : cette erreur les perd. Salo-mon a dit : Stultorum numerus est infmitus, et il n’y arien de changé depuis Salomon. La société ne granditcomme une tour que par le sommet : la base a toujoursle pied dans la boue. II n’y a donc que les spéculationsfondées sur la sottise humaine qui soient assurées d’unsuccès rapide et infaillible. Il suffit de regarder autourde soi pour s’en convaincre ; on verra tout d’abord queles institutions les plus fermes sont assises sur cettepierre, contre laquelle les portes de l’enfer, c’est-à-direl’esprit et le bon sens ne prévaudront jamais.
M. Dida s’est donc trompé en comptant sur l’intelli-gence des cuisinières et sur l’appui des débitants, qui luiont répondu, lorsqu’il est .allé leur faire ses offres aumême prix que les chaudronniers vulgaires : « Qu’est-ce que cela nous fait? nous sommes assurés du débit denos vieux chaudrons, et nous sommes habitués à nosvieux chaudronniers, il n’y a rien à gagner pour nous àchanger, ainsi gardez votre invention ! » Il la garde eneffet ; toutes ses matrices, tous ses balanciers, tous sesefforts de dix années ont échoué contre cette borne, sesont aplatis en pure perte sur cet oxyde de l’indus-trie qu’on appelle routine.
C’est une nouvelle preuve qu’il faut toujours respec-