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régime des maîtrises, il n’eût pu exercer aucune deces industries qui se tiennent de si près, avant de s’êtrefait affilier, à prix d’or, à chacune des corporationsnombreuses au domaine desquelles il aurait dû tou-cher, on ne peut que féliciter la France de s’être débar-rassée de ces dernières.
On aurait peine à croire, aujourd’hui, qu’il fut untemps où le travail ne faisait point partie des droits na-turels ; c’était un droit régalien qu’il fallait acheter auxseigneurs de la cour, qui se faisaient inféoder, chacun,une juridiction sur les marchands ou artisans, auxquelsils vendaient les maîtrises.
Aujourd’hui que chacun est aussi libre de fabriquerque d’inventer, une lampe, par exemple, on sera sur-pris d’apprendre qu’Argant, après avoir inventé le becà double courant d’air, ait eu soutenir des procès contrela communauté des ferblantiers, des serruriers et mêmedes forgerons, qui s’opposèrent à l’enregistrement duprivilège accordé par le roi, sous prétexte que leurs sta-tuts attribuaient aux seuls membres de ces communau-tés le droit exclusif de fabriquer des lampes, et que le-dit sieur Argant n’en avait pas été reçu membre.
Quand Lenoir, fabriquant d’instruments d’optique,s’avisa de vouloir fondre du cuivre pour son usage, lessyndics de la corporation des fondeurs vinrent eux-mê-mes démolir son fourneau chez lui, parce qu’il n’avaitpas été reçu fondeur.
Ce sont ces ridicules entraves qui ont fait émigrer dela France tant d’inventeurs que les maîtrises et jurandesen possession de monopole excluaient même de leursein, quand elles croyaient avoir quelque concurrenceà redouter de la part d’un homme de génie.