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Tome premier.
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d’avoir évoqué ces tristes souvenirs d’un temps qui nereviendra plus ; niais nous croyons utile de le mettre enopposition avec l’époque actuelle, pour mieux faire ap-précier aux travailleurs l’étendue de la conquête faiteparla grande révolution française. Ils devraient penser,quelles que soient les infortunes qui leur incombent àcertaines époques, que leurs maîtres n’en sont pasexempts, et s’estimer fort heureux d’être délivrés detoutes les odieuses tracasseries que nous ne faisonsqu’esquisser en passant -, ils devraient compter pourquelque chose le droit de pouvoir exercer telle profes-sion, tel métier pour lequel ils ont de l’inclination, ledroit de cumuler même autant de professions qu’ils dé-sirent, au gré de leurs intérêts, de leurs connaissancesou de leurs caprices. Mais comme chaque chose a sonmauvais côté, nous ne pouvons dissimuler que cetteliberté illimitée présente beaucoup d’inconvénients. Parexemple, tel individu qui prend la qualité de mécani-cien, de lampiste, de relieur, de tapissier, d’enca-dreur, etc., vous gâtera sans remède les machines,les lampes, les tentures, les tapis et les estampes quevous lui confiez, sur le vu de son enseigne, et vous se-rez bien heureux de vous en délivrer en payant, si vousn’ignorez pas tout à fait les tarifs de la justice.

Il n’est personne, pour peu qu’il ait fait travailler,qui n’ait été victime de la maladresse de ces apprentisqui se donnent pour maîtres ; de ces ignorants massacresqui entreprennent sans hésiter toutes les commandesqui se présentent, exigent des avances et n’exécutentrien. Jadis, au moins, il fallait avoir fait ses preuves,son chef-d’œuvre dans un état, avant de passer maître.Si ce régime était dur et tyrannique pour les ouvriers,