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il était plus rassurant pour ceux qui les employaient :la puissance de nuire n’a donc fait que changer demain, et, à tout prendre, l’abus de la part des patronsétait peut-être plus tolérable que de la part d’ouvrierssouvent fort peu courtois (1).
Aujourd’hui que l’apprentissage n’est plus exigé au-près d’un maître, il se fait aux dépens du public; chaquedupe se croit une exception, et, quelque nombreusesqu’elles soient, leurs plaintes éparpillées ne formantpoint faisceau, ne se font point entendre; mais si quel-qu’un s’avisait de recueillir tous les déboires, toutes lessupercheries grossières dont la bourgeoisie est victimede la part des soi-disant ouvriers qu’elle est obligée d’em-
(1) Ceci était écrit au moment où les journaux nous apportaientla nouvelle suivante, qui vient tellement à l’appui des réflexionscontenues dans le cours de ce rapport, que nous la regardonscomme une bonne fortune :
« Le storthing de la Norwége vient d’abolir les entraves suran-nées que les corps de métiers opposaient aux développements del’industrie. Toutefois, éclairé par l’expérience de la France , de laPrusse, de la Belgique et de la Hollande, il a cru devoir donnerquelques garanties au public à l’égard de la capacité des artisans.Par conséquent chacun pourra devenir maître, pourvu qu’il soitcitoyen de la commune où il s’établit et qu’il puisse prouver ses ca-pacités par un chef-d’œuvre ou par l’attestation de deux citoyenshonorables. La manière dont il a acquis ses capacités ne sera plusl’objet de perquisitions, et la condition d’avoir été pendant un cer-tain temps apprenti et compagnon, pour devenir maître, ne seraplus obligatoire. Les orfèvres et fabricants d instruments nauti-ques, seuls, doivent avoir une permission particulière de l’autoritéadministrative, afin de pouvoir exercer leur profession. Celui quiveut établir une imprimerie dans une ville, n’est tenu qu’à posséderles qualités requises pour l’exercice d’autres arts et métiers; maispour la campagne une permission royale est nécessaire. »