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vagabonder dans ses ateliers, sans s’occuper de lui don-ner une instruction dont il n’aurait le temps de retireraucun fruitj l’apprenti sert de domestique à l’atelier : c’estlui qui le balaye et qu’on envoie chercher de l’eau-de-vieen cachette et faire les commissions de tout le monde; ilsort de là passablement instruit dans l’art de jurer et defdouter, mais tout à fait ignorant du métier qu’il estcensé connaître ; il s’établit donc sans conteste aucune,ni de la part des autorités ni de celle de prud’hommesqui n’existent pas. Quant aux livrets, notre ministèreles a laissés tomber en désuétude (4), comme chosecontraire à la liberté individuelle. Proficiat!
Voilà la véritable plaie de la Belgique : les nombreuxouvriers de ses grandes fabriques, n’ayant acquis aucunenotion complète dans un art ou métier quelconque, setrouvent absolument impropres à tout usage ultérieur,dès que la fabrique où ils exerçaient deux ou trois mou-vements automatiques vient à chômer : car les grandesfabriques sont toutes montées sur la division du travail ;le premier venu, comme nous l’avons déjà dit, peut yprendre place sans instruction, et en sortir trente ansaprès, sans en savoir plus que le jour de son entrée.
Voilà le mal dans toute sa nudité; personne ne l’ayantencore montré, que nous sachions, dépouillé de décla-mations philanthropiques ou comminatoires, il n’a pasété possible d’y chercher un remède. On le pourra dé-sormais , et nous ne serons pas le dernier à nous en oc-cuper, mais ce n’est pas ici la place.
(1) Ceci n’est d’ailleurs que la faute de certaines administrationscommunales et des personnes qui emploient des ouvriers non mu-nis de livrets.