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Les personnes étrangères à l'économie politique ethostiles aux grandes manufactures répondront qu’onn’a qu’à se borner à la production nécessitée par la con-sommation des lieux où l’on se trouve ; cela serait pos-sible peut-être pour quelques petites industries qui nedemandent pas de grands frais de premier établisse-ment : pour les joujoux de Nuremberg , par exemple,les briquets phosphoriques et les pipes d’écume. Maisqui oserait bâtir un haut fourneau, exploiter une pro-fonde houillère, monter un laminoir, construire des re-morqueurs et fabriquer des glaces pour une province,pour un département?
Si toute l’Europe était parquée en petites divisions,les chances seraient égales ; mais quand de grandes na-tions existent au dehors, et que leurs moyens de fabri-cation accélérée leur permettent d’abaisser considérable-ment les prix, à raison de la quantité produite, de ladivision du travail et de l’économie des frais générauxqui décroissent à mesure que la production augmente,qu’arriverait-il aux petits pays? C’est qu’on ne pourrait,sans injustice, priver longtemps leurs habitants de l’u-sage des objets à bon marché fabriqués ailleurs, et quel’industrie cacochyme de ces petits cercles se trouveraitcontinuellement mise en péril par celle des grands, les-quels seront toujours, quoi qu’on fasse, en possessiondu monopole naturel que donnent les capitaux et lesgrands moyens de toute espèce.
Ceci s’applique à la Belgique actuelle; il faut absolumentet sérieusement songer à lui frayer un passage, à lui don-ner de l’air soit au midi, soit au nord, sous peine d’as-phyxie. Heureusement que nous avons deux partis àprendre, pourvu toutefois que l’on ne perde pas trop de