— 278 —
particulier, et rien n’est plus difficile à démentir quecette assertion ; car elle est souvent faite de la meilleurefoi du monde. II n’y a peut-être que les couteliers deNamur qui ne se piquent pas d’avoir une trempe excep-tionnelle, car leurs lames de canifs et de couteaux quinous sont tombées entre les mains semblent n’avoir pasété trempées du tout ; les manches seuls peuvent rivali-ser avec la coutellerie de Langres, de Sheffield et d’Alle-magne . Nous serions tenté de croire qu’on les repasseaussi sans eau. Si les fabricants de Namur entendaientleurs intérêts , ils donneraient plus d’attention à latrempe ; il vaut mieux qu’une lame de canif se casse quede s’émousser sur la plume.
Nous prions ces messieurs de ne pas prendre en mau-vaise part un avertissement qui n’a pour but que deles engager à veiller avec plus de soin à une opérationdont dépend la durabilité de tout succès en coutellerie.
Pour revenir à l’empirisme des ouvriers, nous dironsque nous avons vu un forgeron demander un petit verrede genièvre pour le jeter dans son eau, et que nousavons connu, il y a 36 ans, le fameux Humbert de Lan-gres , qui se vantait de posséder un tel secret pour latrempe des rasoirs, qu’une maison l’avait engagé à raisond’un louis par jour, d’une tasse de café et de trois bou-teilles de Champagne . Ce fameux secret consistait à tran-cher avec le rasoir chauffé, un pouding de vers de terreet de limaçons rouges ; c’était une trempe de la naturede celles que nous appelons retardataires d’après la théo-rie que nous allons esquisser.