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Tome premier.
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et l’on est sur d’avoir un outil qui surpassera en duréetous les burins trempés par le meilleur ouvrier possible.

Nous avons introduit ce procédé dans plusieurs ate-liers pour les outils à buriner la fonte ; nous avons mômetenté de l’appliquer aux rasoirs; car on sait que sur unedouzaine de ces indispensables instruments, il en est àpeine un qui se trouve trempé à un degré convenable.

Un rasoir exécuté par ce procédé serait plus cher,parce qu’il faudrait perdre du métal pour chercher laligne dure et du temps pour l’aiguiser, mais il seraitéternel, et cette fois seulement on pourrait le garantir.

On voit que si ce procédé de tâtonnement est pluslong, il est du moins plus sûr, et nous ne doutons pasqu’il ne soit applicable dans une foule d’occasions quin’admettent point d’incertitude ; l’ouvrier qui manqueraune pièce ne pourra plus répondre comme maintenant :Que voulez-vous? Je n’étais pas dedans!

Longtemps on est resté incertain sur le choix des li-quides dans lesquels la trempe doit s’opérer; chaqueouvrier prétendait, et prétend encore, posséder un secret

qu’il faut de l’eau sur la meule, quand on repasse l’acier, pour l’ein-pêcher de s’échauffer et de revenir, c’est-à-dire de se détremper;c’est parce qu’ils le savent qu’ils n’en mettent pas ; c’est un moyende se ménager la pratique des cuisinières, dont ils s’évertuentà gâter tous les instruments, tels que couperets , hachettes,couteaux, ciseaux, etc. Ils peuvent, après cela, se représenteracoup sùr, tous les huit jours; car un outil qu’ils ont touché uneseule fois, leur doit une redevance hebdomadaire ; l’acier sous leursmains devient fer. Chacun peut se donner la satisfaction d’observerla perpétration de ce crime de lèse-taillant, dans les rues de Bruxel-les ; la police devrait bien donner à ses agents la consigne de veillerà ce que les rémouleurs missent de l’eau sur leur meule, car toutce qu’ils repassent à sec est un véritable délit contre la propriété.