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Tome premier.
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M. Adam fut, à vrai dire, le premier père des aiguillesfrançaises ; car ce fut lui qui érigea en 1819, la premièrefabrique à Mérouvel près l’Aigle; mais, après avoir con-staté son impuissance, il appela des associés auxquels ilfit dépenser plus de 300,000 fr.; leur fabrique fut ad-jugée en 1824, avec un zéro de moins, à MM. Dupuy etDelaborbe; elle passa ensuite à MM. Marchand et VanIloutem, puis fut reprise, en 1827, par M. Chevcissut,entre les mains duquel elle s’écroula l’an de grâce 1831.

C’est parmi ses ruines que s’éleva M. Ventillard, ou-vrier intelligent qui la dirige aujourd’hui avec 70 tra-vailleurs. Le prix de ses aiguilles, faites avec du fer deBerry, est de 1 fr. 30 c. le mille pour les mauvaises, etde 3 fr. pour les médiocres. M. Ventillard se plaint den’avoir obtenu que la médaille d’argent, et accuse sonconcurrent de ne devoir sa médaille d’or qu’à un mélangeadroit d’aiguilles anglaises à celles de sa fabrique ; accu-sation aussi aisée que la fraude a pu l’être et qu’il étaitdifficile de la constater. Ce concurrent était M. Cadon-Taillefer, de l’Aigle, département de l’Orne , dont le filsest allé chercher en Angleterre des procédés et des ou-vriers. M. Cadou fabrique aussi d’excellents hameçons.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas sur ces deux championsque porteront nos investigations ; il en est de plus mo-destes qui ont dédaigné les honneurs de l’exposition etqui n’avaient pas besoin de cela pour se faire connaître;ce sont les frères Rossignol, qui, plus anciens et plusheureux dans leur production, n’en sentirent pas moinsle besoin de mettre un terme aux déchets énormes qu’ilséprouvaient du fait de la trempe, du redressement etdu polissage; ces industriels, qui savent calculer, eurentle bon esprit d’appeler à leur aide M. Thémar , qui alla