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L’étranger continue, en conséquence, à fournir quinzemillions de kilog. de plomb brut à la France et un mil-lion à la Belgique , qui ne possède encore que la mineépuisée de Védrin; nous avons néanmoins sous les yeuxiin morceau de galène du Luxembourg , qui sembleraitdestinée à nous délivrer, comme on dit, du plomb de l'e-tranger.
Si nous en croyions certains bruits populaires, qui,d’ordinaire, grossissent en allant, comme l’œuf de lafable se multipliait de bouche en bouche, il en résulte-rait que des paysans se sont mis, depuis quelques an-nées, à exploiter pour leur compte cet alquifoux nationaldont ils remplissent leurs caves, et que des juifs deLille viennent leur acheter à 73 fr. les cent kilogrammes,tant il contiendrait d’argent. C’est ce que nous venons deprier M. Guillery de vérifier, en faisant le départ néces-saire. A première vue, ce chimiste compte sur 80 p. c.de métal; la mine de Poullaouen n’en donne que 70.
Du reste, il faut le dire sans hésiter, l’exploitation duplomb n’est presque plus possible en France ni en Bel-gique, depuis l’invention des mines de Malaca , où cemétal s’est dévoilé en telle abondance, qu’on a pu levendre .à Bordeaux de 12 à 15 fr. peu de temps aprèssa découverte. C’est vers cette époque que l’exploitationde Védrin sentit l’impossibilité de lutter, et que son di-recteur nous fit l’aveu que Védrin ne pouvait vendre àmoins de 02 fr. les 100 kilog., pour y trouver quelquebénéfice.
passé depuis lors , ne peut que confirmer l’opinion que nous avonssouvent émise : que jamais les Français ne pourront conserver l’Al-gérie . qui ne vaut pas d’ailleurs la moitié des sacrifices qu’elle adéjà coûté.