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Depuis ce temps le plomb d’Espagne , qui était alorslivré à la libre exploitation, comme tous les métaux dece pays, à l’exception du mercure, a été concédé ou ac-caparé par des compagnies qui se sont entendues pourfaire remonter les prix. Le plomb est aujourd’hui coté57 fr. les 100 kilog. à Paris .
Un riche ignorant de Londres avait formé, l’an passé,le projet de fonder à Malaca une fabrique de cérusc,avec les litharges retirées de la coupellation • mais ilvient de faire une faillite qui coupe court à son rêvefavori, lequel ne tendait à rien moins qu’à l’accaparementdu marché du carbonate de plomb dans le monde entier.
La galène se trouve en si grande abondance aux en-virons de Malaca , et l’on s’attendait à voir le plomb des-cendre à un prix tellement bas, que les artilleurs espé-raient en faire des boulets et les maçons en paver lesrues j mais la cupidité en a décidé autrement.
Nous regardons ce recèlement d’un élément si utile àl’industrie, comme un crime de lèse-humanité; il noussemble que toutes les nations sont intéressées à empê-cher ce séquestre d’un trésor que la Providence n’a heu-reusement pas conlié ad œternum, à la garde du dragonMonopolium.
S’il en était ainsi, nous proposerions une nouvelle ex-pédition des Argonautes pour aller à la conquête de latoiture de plomb.
Si ce fut une circonstance analogue qui porta Jaso7t àla conquête de la pêcherie d’or de la Colchide (1), nouslui pardonnons volontiers. Mais comme il faut aujour-
(1) Voici la circonstance qui aura donné lieu à la fable si poétiquede celte expédition si prosaïque en elle-même : on pêche encore