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Tome second.
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Pleyel et compagnie.

S’il est un heureux choix de noms harmonieux, celuide Pleyel devait appartenir à une famille de musiciens.Pleyer, en vieux saxon veut dire le joueur. Les anciensPleyel étaient organistes; ce nom a toujours fait sur no-tre oreille l’effet d’un prélude, comme celui de Kalk -brenner, son associé , l’effet d’une fausse quinte : c’estpourtant de leur accord plus ou moins parfait que na-quirent ces belles et bonnes imitations de Broadwood ,causes de leur prospérité actuelle.

Ignace Pleyel , le père, qui composait de si délicieuxquatuors et des sonates si chantantes, ne fit guère quede mauvais pianos , quoiqu’il en jouât fort bien lui-même.

II y a une trentaine d’années, que Pleyel, mécontentde son commerce de compositeur et d’éditeur de musi-que, s’établit fabricant de pianos sur le boulevard, à laplace même occupée aujourd’hui par le Gymnase dra-matique. Ignace Pleyel éprouva , comme cela devaitêtre, tous les déboires qui attendent un manufacturierétranger à l’industrie qu’il embrasse. Obligé de s’enrapporter a ses contrc-maitres, chaque fois qu’il en chan-geait c’étaient de nouveaux plans, de nouvelles idées,de nouveaux essais à faire. Et les essais sont autant deloups qui dévorent les industriels.

Ce qui soutint ce fabricant contre vent et marée, cefut le patronage des familles anglaises auxquelles il avaitle privilège de louer ses pianos tels quels : on peut dire,