— 151 —
de son côté, scrupuleusement mesuré les épaisseurs ettoutes les dimensions des meilleurs violons, mais sansobtenir pour cela des succès aussi constants que les an-ciens, dont pas un instrument marqué de leur cachetn’est resté médiocre. C’est (pie le choix, l’âge et l’insola-tion du bois, ont une grande influence sur la sonorité;c’est que les anciens avaient des règles sûres pour toutesles dimensions.
Un violon neuf a une certaine âpreté de sons quine disparaît qu’après avoir été longtemps joué au mêmediapason, pour fixer les noeuds vibratoires. On peut bienbâter la maturation des violons, en diminuant les épaisseurs ; mais alors ils perdent, au lieu de s’améliorer, parle temps. Leur bourdon s’avachit, ronfle et tambourinebientôt d’une manière ridicule. Dans un violon tropvoûté, les sons s’aiguisent et perdent leur velours. Lestables trop plates ont un défaut contraire : la dimensionet la place de l’ânie, de la barre et des ouïes, la longueuret l’inclinaison du manche, la hauteur du chevalet et lacapacité de la caisse ne sont pas sans influence, non plusqu’une foule d’autres points, qu’on ne peut négliger sansfaire de très-mauvais violons, des violons enfin qui nerendent presque pas de son.
Le sapin sans résine forme la table supérieure; l’éra-ble ou le plane, la table inférieure. Les bois d’Italie sontaussi plus sonores que ceux de Mirecourt . Le côté dumidi est le plus compacte ; la hauteur même oû on lecoupe sur l’arbre est à considérer.
Des épaisseurs trop fortes s’opposent à la pulsation :les tables trop minces ne répondent pas assez vile. Lesviolons plus pelils que les stradivarius ont la chanterelle
brillante, mais la quatrième mauvaise; plus grands, ils
9 *