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Supposez un rang de petits flacons remplis de toutessortes d’essences et fermés par des clefs garnies de peau ;que le tout soit enserré dans un cylindre hermétique-ment fermé, d’où partent des tubes élastiques, dont lesdilettanti se porteraient l'embouchure au nez. N’est-il pasvrai qu’en débouchant une ou plusieurs lioles, c’est-à-dire en touchant le clavier, on ferait une foule de mé-langes d’odeurs diverses ? J’entends d’ici des damess’écrier : Jouez-inoi un ananas; jouez-moi la rose et lemuguet; la vanille et le jasmin, ou bien unpot pourri!
« Après chaque air, un coup de soufflet nettoieraitles tubes qui sans cela pourraient rester imprégnés desnotes précédentes et donner des tons sales et impurscomme la palette des peintres négligents. »
Nous n’avons pu tenir notre sérieux devant celui quece monsieur gardait en nous exposant ses curieuses théo-ries; mais nous lui reprochâmes de ne pas les avoir déjàprésentées à l’académie. « Je m’en garderai bien, dit-il,l’académie est un gaster qui a de la peine à digérer lesmets nouveaux, et j’ai assez de fortune et de bon senspour 11e pas vouloir faire rire à mes dépens. »
Nous prîmes congé de ce curieux original, pour allerchez Musard, entendre le délicieux instrument dontnous allons nous occuper.
IHélophon Lcclerq-
Imaginez une épaisse guitare, portant sur l’extrémitéde son large manche sept rangées de boutons de cuivresaillants qui s’enfoncent sous les doigts et font entendre