Quand nous disons que le meilleur compteur à gazest un gazomètre, nous supposons que la températuresoit toujours la même ; car la chaleur fait dilater le gaz
la lumière diminue; si, au contraire, il en passe un volume moindre,la surface de la flamme s’allonge, et la lumière décroît encore parcequ’une partie du carbone échappe à la combustion. Une expériencefacile à faire peut le prouver. Qu’on diminue par degrés le jet degaz en tournant le robinet, la flamme deviendra pâle et bleue,parce qu’il y a trop d’air pour la petite portion du gaz qui brûle.Qu’on empêche alors le libre accès de l’air au moyen d’un lingeplacé au-dessous du jet et de sa cheminée, on verra la lumière etle volume de la flamme augmenter jusqu’à ce qu’ils arrivent à unmaximum auquel, si l’on augmente l’obstacle à l’arrivée de l’air, laproportion en deviendra trop faible pour la combustion de tout lecarbone, et la lumière diminuera de nouveau’.
Le volume et la forme des jets, le diamètre et la hauteur descheminées ont donc une grande importance, et les meilleurs sont
* C’est après avoir fait cette remarque, il ya une dizaine d’année, que lerédacteur de ce rapport prit un brevet pour un régulateur des courants d’air.Intérieur et extérieur. Voici ce qui est arrivé de ce brevet : un jour qu'il visitaitl'usine à gaz de Verviers , le directeur lui démontra dans les plus grands détailsles avantages qu'il retirait de l’application de ces régulateurs à tous ses becs;l'économie de gaz s’élevait au moins au tiers, pour la même lumière; le gaz étantmieux brûlé ne salissait plus les appartements et ne répandait plus d’odeur, etc.
Quand il eut bien parlé, le visiteur réclama sa part de ce bénéfice sur tous lesbecs de Liège et de Verviers , qui portaient son appareil breveté; mais l’impêlsembla si fort que l’administration lui répondit qu'elle préférerait abandonnerelle-même les avantages qu’elle retirait de cette invention, plus profitable d’ail-leurs aux consommateurs qui se servent de mesureurs, qu’à rétablissementmême.
Comme il eût fallu entreprendre des procès contre chaque particulier, l'inven-teur trouva préférable pour ses intérêts de se laisser voler que do poursuivre lesvoleurs.
Ceci est un nouvel exemple de la difficulté qu'on trouve à gagner sa vie avecses inventions.
cependant si l’inventeur avait attaqué SI. Orban, il eût été condamné injuste-ment, car il s'en était rapporté à son ingénieur qui lui avait donné cette inven-tion comme sienne, ce qui prouve la nécessité de publier les brevets immédiate-ment après leur obtention 4 pour mettre le public lui-même en garde contre lacontrefaçon. On a vu'en France plus d'un contrefacteur sans le savoir, ruiné parun procès de ce genre.