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voir à Londres les ruines du premier établissement dugaz comprimé fondé par son père, et nous avons trouvéde ces ruines-là partout, à Amsterdam, à La Haye , àGand , etc. Eli bien, nonobstant des échecs aussi multi-pliés, il s’est pourtant trouvé à Paris , centre de l’éru-dition technologique, des spéculateurs, des banquierset des actionnaires assez ignorants pour asseoir unegrande société sur le gaz comprimé; elle ne pouvaitmanquer de sauter, et c’est ce qu’elle a fait, en portantun coup mortel à la confiance aux associations.
M. te colonel Bernardet, charmant convive et galantchevalier, taillé sur le patron des gérants de la plupartdes sociétés en commandite, ne possédait pas la plus pe-tite notion de l’industrie qu’il avait inventée, et ce qu’ily a de plus bizarre, c’est que toutes les actions du gazcomprimé étaient enlevées avant qu’il eût trouvé lemoyen de comprimer le gaz et d’en régler l’émission.Voyant que la pompe foulante fonctionnait mal et àgrands frais, n’avait-il pas imaginé de produire immé-diatement, dans la cornue, du gaz comprimé à trenteou quarante atmosphères, puis de le soutirer en bou-teille! Ceci n’est pas une plaisanterie, des fourneauxont été construits à cet effet avant que les physiciensaient pu lui faire comprendre que la cornue rougie àblanc serait incapable de supporter la pression d’uneatmosphère sans se crever.
Un différent s’étant élevé entre MM. Boquillon etBernardet, au sujet de l’invention du régulateur du gazcomprimé, les deux parties prirent pour arbitre lebaron Scguier qui les mit d’accord en leur prouvant,pièce en main, qu’il était lui-mème le véritable inven-teur de l’appareil en litige.