Band 
Tome second.
Seite
294
JPEG-Download
 

Nous espérons que AI. l’abbé Soulacroix ne voudrapas se laisser accuser plus longtemps de manquer decharité chétienne, et qu’il ne tardera pas à livrer sonjoli secret au monde artistique qui l’attend avec im-patience.

étaient difficiles à transporter et à conserver, à cause de leur ex-trême fragilité; le moindre contact, le plus léger frottement, lesaltéraient, et aucun vernis ne pouvait être étendu sur eux sansleur faire perdre de leur éclat et de leur fraîcheur. Un amateurdistingué, M. le marquis de Varcnncs, vient de trouver un moyenaussi simple qu’ingénieux de donner au pastel et au fusin la soli-dité de la peinture, sans nuire à aucune de leurs qualités ; il a eul’heureuse idée de les fixer en les vernissant à l’envers, c’est-à-direen étendant sur la face postérieure du papier une dissolution alcoo-lique de gomme laque blanche. Cette dissolution pénètre rapide-ment le papier et s’introduit par la capillarité jusque dans lesmolécules du dessin situé de l’autre côté; l’alcool s’évapore rapi-dement, de telle sorte qu’en un instant toute celle poussière silégère de pastel ou de fusin , semblable à celle des ailes de papil-lon, est si bien attachée, si adhérente au papier, que le dessinpeut être roulé, frotté, emporté, sans s’effacer et sans qu’il s’endétache la moindre molécule.

Nous croyons rendre service aux peintres et aux amateurs enleur indiquant ce procédé et en leur donnant ici les proportionsexactes de la dissolution : on fait dissoudre dix grammes de gommelaque ordinaire dans cent vingt grammes d’alcool ; on décolore en-suite la liqueur au moyen du charbon animal ; on peut de mêmeemployer la teinture, toute faite, de laque blanche au sixième,que l’on trouve chez les marchands de couleurs, en y ajoutant deuxparties d’esprit-dc-vin rectifié. Après avoir filtré, il suffit d’éten-dre une couche de l’une ou de l’autre de ces dissolutions avec unpinceau, derrière les dessins, pour leur donner toute la soliditédésirable.