Band 
Tome second.
Seite
332
JPEG-Download
 

Eli bien, c’est ce moyen que nous avons 'exhumépour le marier au procédé Perkins et réclamer le mil-lion promis par la banque de Londres ; mais nous avonsbeau courir après les millions, ils se volatilisent entrenos doigts : c’est qu’il faut au moins posséder un che-val de selle pour courir après une chaise de poste ; cequi veut dire qu’il faut avoir de l’argent pour devenirriche.

La banque nous a fait dire de lui apporter un billettout fait, et comme il nous aurait fallu un outillagede 20 ou 50,000 francs peut-être, nous faisons cadeaude notre billet à toutes les banques présentes et futurespour un exemplaire des épreuves qu’elles éditeront d’a-près notre méthode que voici :

Faites forger par un armurier une planche d’acierdamassé d’un centimètre d’épaisseur, avec l’étoffe quisert à confectionner des armes moirées; faites graversur cette planche le libellé ordinaire, puis souinettez-laà l’action rongeante de l’acide qui fera paraître le da-massé; trempez cette planche en paquet, c’est-à-diredans une boite pleine de charbon pilé et à l’abri del’air ; traitez-la ensuite selon le procédé de Perkinset vous aurez des billets incontrefaisables par tous lesprocédés connus jusqu’ici.

Non-seulement on ne saurait faire une planche sem-blable, il y aurait même d’insurmontables difficultés àimiter un seul de ces billets à la main ; mais ce vol parunité n’est pas fort dangereux pour les banques, il estbien loin de balancer les profits provenant de la des-truction des bank-notes, par l’eau et le feu.

Il faut un artiste d’une habileté, d’une patience etd’une imprudence bien rares, pour entreprendre la cou-