trefaçon d’un billet de banque à la main ; cependantcela s’est rencontré sur les pontons anglais (1).
La contrefaçon et le faux-monnayage se sont quel-quefois exerces sur une grande échelle en Angleterre,
(1) Un prisonnier des ponlons nous a conté que scs camaradesavaient fait de fausses bank-notes et jusqu’à de la fausse mon-naie , malgré la surveillance et les privations dont ils étaient l’objet,mais le génie est enfant du besoin. Voici, dit-il, comment nousopérions pour préparer notre papier : nous commencions par des-siner les filigranes avec de l’encre très-gommée sur une planchette,ce qui donnait une certaine épaisseur au tracé sur lequel on ap-pliquait une feuille de papier à lettre qu’il fallait amincir demoitié, pour obtenir la légèreté du papier-monnaie; nous y par-venions en l’usant avec du verre pilé et un chiffon , opération quidurait' plusieurs jours et exigeait une attention soutenue pour nepas déchirer cette pelure d’oignon.
On conçoit que l’endroit des filigranes étant le plus exposé aufrottement s’amincissait davantage et simulait parfaitement lescaractères transparents du filigrane ordinaire.
L’opération du papetier achevée, celle de l’artiste commençait.
La feuille amincie se plaçait à l’envers , sur une bank-note véri-table, et à l’aide d’un peu d’encre de Chine, et de plumes demouettes ramassées sur le sable par la cantinière, le billet s’ache-vait tant bien que mal, dans l’embrasure d’un sabord , pendantqu’une demi-douzaine de camarades placés en sentinelle épiaientles surveillants et donnaient le signal télégraphique de leur arrivée.
Le billet terminé était changé à la cantine, rentrait dans la cir-culation et la banque le payait.
C’était une bien légère compensation des myriades d’assignatsdont les Anglais ont inondé la république indivisible pour amenerl’effroyable division, la terrible banqueroute, dont la France a étéla victime; il est vrai que ces stupides assignats étaient si faciles àcontrefaire que des agens de l’ilt en avaient établi une fabriquedans les caves mêmes de l’abbaye de Picpus.
Pour montrer ce dont le génie des prisonniers est capable,nous dirons aussi comment ils sont parvenus à fabriquer de la fausse