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Qu’on ne crie pas à l'impossibilité; nous disons, nous,que la chose est très-praticable et qu’il n’y aurait jamaisd’encombrement dans les malles-postes, lesquelles par-lant tous les jours avec un plein chargement, le divise-raient à chaque embranchement de routes et finiraientpar n’avoir tout au plus qu’un ou deux volumes à re-mettre aux derniers bureaux. Et dût-on avoir besoin deplusieurs chevaux au sortir de la capitale, le gouver-nement gagnerait assez pour en faire la dépense.
Combien ce mode n’augmenterait-il pas le débit deslivres? Combien de personnes habitant des châteaux oudes retraites éloignées ne voudraient pas recevoir leslivres nouveaux aussi vite qu’une lettre? Tandis qu'a-vec la lenteur étudiée des libraires de province, il est àpeine possible de recevoir au bout d’un mois un livre deParis . Nous allons en expliquer la cause; car nous avonspénétré jusqu’au fond de ce dédale , si obscur pour lesprofanes qu'on mystifie avec une impudence sans pa-reille. ( Ilcar, hear!)
Vous êtes à 30 lieues de Paris ou de Bruxelles, vousvoyez dans un journal l’apparition d’un nouveau livre,vous courez chez le premier libraire venu, il ne l’apas, car ils n’ont jamais rien de nouveau, mais il vousoffre de le faire venir d’ici à deux ou trois jours; vousacceptez, il prend votre nom et votre adresse. Troisjours se passent, et rien n’arrive, vous attendez huitjours; le malin compère vous fait mille excuses, sur lanégligence de son correspondant, auquel il va récrirede suite; 15 jours après, rien de nouveau; ah! pour lecoup son correspondant est malade, peut-être mort, etil va s’adresser à un autre; vingt jours se passent etvotre envie se passe aussi, peut-être avez-vous emprunte