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Tome second.
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A force de parler de la férocité et de la laideur d’un animal, tout lemonde accourt pour le voir. Ainsi est il advenu de nous; à force denous noircir, de nous vilipender, la réclame a produit son effet; tout cequ’il y a de fprand dans le pays par la naissance, la fortune et le talent,a voulu voir le monstre de près et souvent, surtout aux heures où ilprend sa nourriture. C’est ainsi que nos ennemis ont fait le succès denotre exhibition.

Nous aurions donc tort d’en vouloir à la presse en général, car ce nesont que certains écrivains faméliques qui nous ont montré les dents ;vous croyez peut-être qu’ils ne nous connaissaient pas, et parlaient auhasard ; détrompez-vous : ce sont précisément les malheureux que dansnos temps de prospérité nous avons reçus, hébergés, choyés ; ceuxauxquels nous avons ouvert notre table et notre bourse, qui s’indi-gnent de les voir closes, et ne nous pardonneront jamais de nous avoiroffensé.

Cela se conçoit de reste ; quand Van Jinburgh et Carter, ces deuxcélèbres helluaires, interrompent la pâture de leurs animaux, à quivoulez-vous qu’ils s’en prennent? Sur qui voulez-vous qu’ils se ruent? sice n’est sur Van Amburgh et Carter? Quelle main voulez-vous qu'ils dé-chirent si ce n’est celle qui les a nourris ? 11 est de fait que tout satiriste

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qui sent le besoin de s’exercer, ne peut prendre ses types que parmi sesconnaissances les plus intimes; scs meilleurs amis sont par conséquentses premières victimes. M. Guizot a créé une belle et juste image quandil a dit : « On 11e mesure aujourd’hui la grandeur d’un homme, comme« celle d’un obélisque, que d’après le nombre d’ennemis qu’il peutcou-« vrir de son ombre. »

Les injures de la presse sont peut-être la seule chose qui puisse fairecroire aujourd’hui à la valeur d’un homme, et lui inspirer quelquevanité, depuis qu’on a la certitude que le journalisme 11e s’attaquequ’aux gens démérité et qu’il respecte religieusement les nullités et lessots ; mais la presse a manqué son but en nous déchirant aussi bien qu’eunous louant ; car il nous est personnellement aussi difficile d’éprouverquelque jouissance d’amour-propre des plus grandes flatteries, qu’ilest impossible à un aveugle de jouir d’une peinture , et à un sourd desavourer la musique.