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_ Mais si nous n’avons pas dévié de la planche étroite de la probité,posée sur tant de précipices, nous le devons peut-être plus à la fable deBidpaï que nous avons riraée par reconnaissance, qu’à notre sagesseipsigène. La voici :
LES CRI-CRIS.
Aboul-Abas, sage persan,
Parti du fond de sa province,
Par les ordres du Schah son prince.
Sur sa route il entend les cris
De maints grillons cachés sous terre ;
Loin de passer avec mépris,
Il veut les forcer à se taire ;
11 écrase le plus voisin,
Puis le suivant et puis un autre,t Et s’écartant de son chemin,
11 bat la campagne et se vautreDans le sang de ses ennemis,
Les ignobles cri-cris.
Mais à la fin de la journéeAboul périt, de fatigue épuisé,
En maudissant sa destinée.
S’il eût des grillons mépriséLa troupe écervelée,
Le lendemain une bonne geléeL’en eût déharrassé d’emblée.N’écoutez donc jamais leurs cris,Et laissez siffler les cri-cris!