L'Observateur.
Le litre île l'ouvrage de M. Johard pourrait faire croire qu’il nO con-tient que la simple énonciation des objets que l'industrie française aétalés dans les vastes salles de l’exposition de 1851). Ce n’est point ainsique l'auteur a conçu son plan. Chargé d'examiner les produits d'unaulrc peuple, il s’est proposé pour but final de son travail l'améliora-tion de nos méthodes de production, le perfectionnement de l’industrienationale.
Il ne s’est pas arrêté à l’énuméralion et à la description des objets ex-posés ; il s’est placé à un point de vue plus élevé et d’où il a pu plongerdu regard dans les ateliers de travail, dans les usines, dans les la-boratoires, découvrir les procédés, connaître et étudier les instruments,les machines, au moyen desquels l’industrie française a pu créer lesmerveilles qu’elle a offertes ù l’admiration publique.
C’est le fruit de ces investigations que M. Jobard présente aujourd'huià nos industriels. Il ne s’est pas borné à dévoiler les méthodes de la pro-duction française : il les a soumises à un rigoureux examen et en a si-gnalé le bon et le mauvais côté. Après avoir tracé l'histoire de chaquebranche de fabrication, et montré les distances qu’elles ont successive-ment parcourues pour arriver à l’état où elles se sont présentées à l'ex-position de 1839, il a indiqué les améliorations dont elles seraient sus-ceptibles, les nouveaux moyens qu’elles pourraient employer pourprogresser ultérieurement, pour faire un pas de plus dans la voie duperfectionnement.
Ce vaste et important travail a été exécuté avec talent. Nous n’en-treprendrons pas l’analyse de l'ouvrage de M. Jobard ; nous disons del'ouvrage et non du rapport; car ce rapport est un enseignement véri-table que l’auteur donne aux directeurs du travail industriel. Une sim-ple analyse serait nécessairement incomplète, et n’offrirait aucune uti-lité aux fabricants qui ont besoin de connaître tous les développementsque l’ouvrage contient.
Tous les gouvernements ont envoyé des délégués à l’exposition fran-çaise de 1839 pour leur rendre compte de l’état du progrès de l’indus-trie dans ce pays ; mais un seul a rempli dignement sa mission : c’est le