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Tome second.
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science. Mais avant tout on cherche aujourd'hui à être savant, profondet obscur. Est-ce pour cacher la pauvreté du fond ? Quelquefois, sou-vent même. Quoi qu’il en soit, il nous semble que les écrivains de méritegagneraient beaucoup à ne pas en agir ainsi, à écrire pour le plus grandnombre possible, et à rendre attrayante même l’étude des sciences lesplus abstraites.

Dans son rapport M. Jobard a passé en revue toutes les principalesindustries, et sur toutes il a écrit non pas quelques pages empruntéesà nos divers dictionnaires technologiques, mais des faits, des observa-tions et des considérations qu’on n’a vus nulle part, d’une exactitudeincontestable et d’une grande portée.

Un livre de M. Jobard sur l’industrie, sur toute l’industrie française,devait être un ouvrage hors de ligne, un tableau vivant et animé dutravail de l’homme sur le monde extérieur, un exposé fidèle et savantdes conquêtes positives de l’esprit humain. Hâtons-nous de le dire, cen’est pas seulement tout cela, c’est encore le meilleur livre qui ait étéfait sur l’industrie.

L’Iiidcpcndiiui.

M. Jobard trouve le moyen d’être plus varié encore que son sujet,c’est par les à-propos et les digressions qu’il brille. H conduit son lec-teur à mille lieues de son sujet, et l’y ramène insensiblement sans quecelui-ci s’aperçoive un seul instant de sa fatigue. Il sait intéresser, in-struire et amuser à la fois; c’est le Balzac des machines à vapeur pourles descriptions, le Montaigne industriel pour la naïveté de l’égotisme in-dustriel. M. Jobard a beaucoup lu, immensément retenu, suffisammentenseigné, et quelque peu inventé. Depuis tantôt trente ans il est sur lamontagne prêchant aux masses la poésie du travail, et leur montranten poète inspiré l’apocalypse industrielle de l’avenir. Nous aimons ceshommes de conviction qui ont pris la mission d’apôtres, qui parlerontdix ans dans le désert pour propager une seule vérité, jusqu’à ce qu’unbon vent l’emporte jusqu’aux oreilles et au cœur de la multitude.

Comme écrivain le grand mérite de M. Jobard est de puiser dans levocabulaire industriel des images tout à fait neuves, tout à fait pittores-ques, qui peignent vivement sa pensée, et plaisent singulièrement auxpartisans du style correct. Nous citerons, etc., etc.

Voilà comme on écrit quand on veut faire pénétrer dans le public desvérités utiles mais sévères, et dans cet art-là M, Jobard est passé maître.