COMBINAISONS DU riIOSPIIORE AVEC L’HYDROGÈNE . 03l’inflammabilité à un gaz qui ne la possède pas, ou l’enlever à ungaz qui en est pourvu. Enfin M. Levcrrior, qui a publié en 1836 untravail remarquable sur les phosphures d’hydrogène, a été conduità des inductions que les expériences de M. P. Thénard ont trans-formées en conclusions certaines.
SuivantM. P. Thénard, il existe trois combinaisons duphosphoreavec l’hydrogène, ha première est solide, de couleur jaune ; c’estla substance que laisse déposer le gaz spontanément inflammable,et qu’on avait prise, avant M. Lcverrier, pour du phosphore.M. Leverrier, qui ne l’avait obtenue qu’en très-petite quantité, etsans doute impure, l’avait crue formée d’équivalents égaux dephosphore et d’hydrogène. M. Thénard , qui la prépare facilementet dans un parfait état de pureté, est arrivé à un résultat différent.11 lui assigne la formule P li 2 IL Ce phosphurc prend naissancedans beaucoup de circonstances, mais de ces divers modes depréparation, le meilleur consiste à recevoir dans l’acide chlorhy-drique liquide le gaz spontanément inflammable. Il y laisse dépo-ser le phosphurc solide qu’on lave à l’eau froide, et qu’on dessècherapidement dans la machine pneumatique. Le second phosphured'hydrogène est le gaz non spontanément inflammable. On l’obtientpur en projetant du phosphurc de, calcium dans de l’acide chlo-rhydrique presque fumant, au moyen d’un tube vertical plongeantdans le liquide acide; il se forme, en même temps (pie ce gaz, unequantité considérable de phosphurc solide, qui reste en suspen-sion dans l’acide chlorhydrique, sans y subir d’altération. Lors-qu’au lieu d’acide, on emploie de l’eau, le gaz, comme on le sait,est,toujours spontanément inflammable, mais il n’est jamais pur;il contient de l’hydrogène libre, dont la proportion s’accroît avecla durée de l’expérience, et toutefois la quantité totale de gazhydrogène phosphore obtenue avec le même poids de phosphureest plus grande avec l’eau qu’avec l’acide chlorhydrique. Ces dif-férences tiennent, d’une part, à ce qu’il se forme un hypophos -pliite, et d’une autre part, à ce que le phosphurc d’hydrogènesolide produit d’abord, se décompose ensuite, tandis qu’avecl’acide chlorhydrique il ne se forme pas, ou il ne se forme quedes traces d’acide hypophosphoreux, et qu’au contraire, il seproduit beaucoup de phosphure d’hydrogène solide qui restainaltérable dans l’acide même.
Plusieurs corps, tels que le protochlorurc de phosphore, lesacides chlorhydrique, bromhydriquc, etc., font perdre au gazobtenu avec l’eau et le phosphure <le calcium, son inflammabilitéspontanée ; il la perd aussi peu à peu, surtout à la lumière, anseul contact des parois des vases dans lesquels on le conserve.