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Chimie / A. Bouchardat
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132 CHIMIE.

Cetle théorie s’applique à tous les autres hydracides.

ACIDE CHLORHYDRIQUE (Acide marin, acide muriatique,esprit de sel) — Historique. — Cet acide fut connu des alchi-mistes; Basile Valentin en fait mention; cependant ce fut Glau-bert, chimiste allemand du xvn e siècle, qui l’étudia et décrivitlin procédé facile pour l’extraire du sel marin. Lorsque Schéele eut découvert le chlore, il avança que l’acide muriatique était dûà l’union de ce gaz avec le phlogistique; et comme par phlogis-tique il comprenait l’hydrogène, on en conclut qu’il entrevit lacomposition de ,cct acide bien long-temps avant que l'expériencene l’ait confirmée.

Cette opinion de Schcele fut oubliée, et quand Lavoisier basasa doctrine sur l’acidité , on considéra l’acide muriatique commeun oxacide dont le radical était encore inconnu jusqu’à l’époqueoù MM. Gay-Lussac et Thénard liront voir qu’il était composéd’hydrogène et de chlore.

Propriétés. — Cet acide est gazeux, incolore, d’une odeur viveet piquante, produisant des vapeurs blanches à l’air, rougissantfortement la teinture du tournesol ; il éteint les corps en combus-tion. Sa pesanteur spécifique est de 1,247.

Exposé à un froid de 50°, il se condense sans changer d’état;mais si en même temps on le refroidit, on peut le liquéfier. Laplus forte chaleur ne le décompose pas. Il en est de même del’air et de l’oxygène. Un courant d’étincelles électriques ne le dé-compose que partiellement.

L’acide chlorhydrique n’a aucune action sur les métalloïdes.Au contraire, la plupart des métaux le décomposent, quelques-uns même le décomposent à la température ordinaire. Tels sontsurtout les métaux alcalins; il en résulte un chlorure et du gazhydrogène qui se dégage.

L’acide chlorhydrique a tant d’affinité pour l’eau, que, aussi-tôt qu’on place sur l’eau une éprouvette pleine de ce gaz, elle s’yélance comme dans le vide : aussi l’eau peut-elle s’en chargerde 464 fois son volume.

Acide chlorhydrique liquide. — La dissolution, dans l’eau, degaz chlorhydrique, constitue l’acide du commerce. On l’obtienten faisant arriver dans des flacons, contenant de l’eau, un cou-rant de gaz chlorhydrique qui s’v dissout très-facilement. On sesert à cet effet de l’appareil de Woolf (Voy. page 135).

Cet acide liquide et concentré est blanc, très-caustique, d’uneodeur insupportable, rougissant le tournesol, d’une densité égaleà 1,208, répandant quand il est concentré des vapeurs blanchesà l’air. Mêlé avec l’acide azotique, on obtient un liquide rouge