172 CHIMIE.
« La fabrication des aciers les plus communs se fait, avec lesmoins homogènes, sans d’autre travail qu’un simple étirage.
» La fabrication des aciers fondus se fait avec de petits mor-ceaux provenant de bandes cémentées que l’on casse très-menu,afin de pouvoir en vérifier avec soin le degré de vivacité, et lesclasser avant d’être mis dans des creusets. Ce classement déter-mine les qualités.
» La fabrication de tous les autres aciers connus dans le com-merce, se divise en deux classes, qui sont celle des aciers finset celle des aciers corroyés. Les aciers lins sont étirés ou raf-finés.
«Étirer l’acier, c’est sc borner à le mettre à la dimensionsans le soudera lui-même. Le raflincr, c’est lui faire subir celtedernière operation.
« Les aciers lins étirés ou raffinés, diffèrent entre eux parlaVivacité, et conséquemment par la propriété d’acquérir plus oumoins de dureté après la trempe.
« Leur caractère distinctif se dénote à la cassure par une tex-ture grenue, mais fine, qui sc rapproche de la texture de l’acierfondu.
« Les aciers corroyés sont ainsi appelés, parce qu’ils subissentune on plusieurs opérations, que l'on appelle corroyages.
» Pour corroyer l’acier, on le réduit d’abord sous le marteau,en lames minces de quelques millimètres d’épaisseur, sur plu-sieurs centimètres de largeur. On place ensuite un certain nom-bre de ces lames les unes contre les autres, on les maintientainsi dans une paire de fortes tenailles, de manière à en formerun paquet, et on les soude entre elles. Une fois soudées, ellesont reçu un premier corroyage.
» Si on réduit ce, paquet à une moindre dimension, et si on lereplie après l’avoir soudé, on obtient, en supposant que le pre-mier corroyage a réuni vingt lames, un composé de quarantelames, qui devient de l’acier à deux corroyages. «
Pour fabriquer les différentes sortes d’acier, deux conditionssont nécessaires : 1° Le choix des matières premières ; 2° cer-taines préparations spéciales. Sous le rapport du choix des ma-tières premières, il faut reconnaître que la supériorité des objetsd’acier trempé , venant d’Allemagne ou d’Angleterre, dépend dece que dans ces localités on emploie le fer de Suède à la prépa-ration de l’acier, et ce fer, obtenu à l’aide du fer magnétique,csl bien préférable pour cet emploi, à nos fers indigènes, qui sontfaits communément à l’aide du limonite. 11 serait d’une sageadministration de conclure avec la Suède un traité de commerce