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Chimie / A. Bouchardat
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263
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TRICHLORURE D’OR. 263

Toutes les réactions indiquées plus haut ont lieu à la tempéra-ture ordinaire, et mieux encore à celle du corps humain. Toutessc produisent dans un temps assez court; les unes mêmes ontinstantanément lieu ; la plupart ne demandent que quelques heuresde contact pour s’effectuer. Or, comme les différents liquides con-tenus dans les organes de l’homme renferment de Toxvgène, dusel marin et du sel ammoniac , accompagnés ou non d’acidechlorhydrique et autres acides qui peuvent encore faciliter leurmode d’action, il s’ensuit que tous les phénomènes chimiquesproduits dans les circonstances précitées, ont lieu dans l’intérieurdu corps humain, quand on y ingère une préparation mercuriellequelconque.

PROTOCHLORURE D’OR. ■— Ce sel est légèrement jaune, dé-eomposable par la chaleur, en or et en chlore, insoluble dans l’eaufroide, et se transformant en or et en trichlorure par l’eau bouil-lante; sa formule est (Au Cl ). On le prépare en dissolvant desfeuilles d’or dans de l’eau régale un peu étendue d’eau, et évapo-rant à siccité à environ 200 ° de température.

TRICHLORURE D’OR. — Sous forme de masse cristalline , cou-leur rouge intense. Exposé au feu il commence par fondre , puisse décompose complètement ; il est déliquescent et très-solubledans l’eau. On l’obtient delà même manière que le précédent, sice n’est qu'il faut cesser l’évaporation lorsque le chlorure a prisune couleur rouge rubis. On laisse refroidir, et le chlorure cris-tallise.

Combiné à l’acide chlorhydrique il forme le chlorhydrate detrichlorure, qui est un sel jaune pûle en aiguilles cristallines,d’une saveur très-styptique et très-désagréable. Desséché dans levide il se colore en vert. Exposé au feu il abandonne d’abord sonacide chlorhydrique, puis se décompose en chlore et en or. L’eaule dissout parfaitement : cette dissolution produit sur la peau destaches pourpres, qui ne s’en vont qu’avec l’épiderme. On attribueeette coloration à la réduction de l’or. Tous les corps avides d’hy-drogène la décomposent, et en précipitent de l’or. Le sulfate deprotoxyde de fer y forme un précipité d’or très-divisé. Si Ton versedans cette dissolution un mélange de protochlorure et de bichlo-rure d’étain , il se forme un précipité pourpre, que Ton connaîtsous le nom de pourpre de Cassius. Selon Berzélius , ce précipitépeut être considéré comme un double stannate hydraté de pro-toxyde d’or et de protoxyde d’étain. Cette manière de voir est par-tagée par beaucoup de chimistes. MM. Proust et Buisson pensentque l’or y est à l’état métallique.

Dansuntravailrécent,M. L. Figuier, dit que le pourpre de Cas-