SOUDES DU COMMERCE. 277
La soude naturelle se prépare en brûlant dans des fossés lesplantes marines, de manière que la combustion soit entretenueplusieurs jours. Il en résulte une masse noire, compacte, vitrifiée,qui, concassée, constitue la soude du pays où elle se fabrique.
O 11 conuaît des soudes de différents pays; celle que fournitl’Espagne, et qui est connue sous le nom de soude d’Alicante , estla plus riche. Celles qu’on récolte en France , et qui portent lesnoms de soude de Narbonne, de blanquette ou d’Aigues-Mortes ,de varech ou soude de Normandie , sont beaucoup moins riches.Eu effet, la première contient de 20 à 40/100 es de carbonate sec,tandis que les autres n’en renferment que 14 à 15 / 100 es, telles quela soude de Narbonne , ou 3 à8/100 e », comme la blanquette ; enfincelle de varech en contient infiniment peu.
La soude artificielle s’obtient en calcinant fortement, dans unfour à réverbère, un mélange fait avec les substances suivantes :
1,000 parties de sulfate de soude sec, — 1,000 de craie, — 550de charbon.
fendant que la masse est pâteuse, on la brasse avec un ringard, etquand il ne se dégage plus de gaz, on retire la masse, qu’on fait re-froidir. Quand on veut s’en servir, on doit la traiter par l’eau froide,car l’eau chaude décomposerait l’oxysulfuro de calcium et dissou-drait du sulfure. La théorie de ce qui se passe s’explique ainsi :
Le charbon réduit le sulfate de soude à l’état de sulfure de so-dium , eu passant à celui d’acide carbonique et d’oxyde de car-bone. Le sulfure de sodium et la craie réagissent de manière àformer du carbonate de soude et du sulfure de calcium , lequel,se combinant à une partie de la craie réduite à l’état de chaux,constitue l’oxysulfurc de calcium que l’eau froide n’attaque pas.
Usages, applications. — Les soudes du commerce sont em-ployées dans la préparation du savon, du verre, des lessives, etdans plusieurs opérations de teinture.
Avant 1795, presque toutes les soudes qu’on importait en France provenaient d’Espagne ; lorsque la guerre eut interrompu les com-munications entre les deux pays, la Convention nationale lit unappel aux chimistes français pour trouver un moyen usuel pourextraire la soude dn sel marin. De tous les procédés qui furentjugés par la commission instituée à cet effet, un seul a survécu,c’est celui du chimiste Leblanc, que nous avons précédcmcnt in-diqué, et qui, sauf de très-légères modifications, est encoreusité aujourd’hui. Cette découverte a créé en France une des in-dustries les plus prospères, une de celles qui ont le plus influé surles progrès d’arts importants (fabrication des glaces, du savon,etc.) ; elle a affranchi nos manufactures d’un tribut annuel de plus
24