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Chimie / A. Bouchardat
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POUDRES FULMINANTES. 295

de ces corps avec les chlorates constitue ce que l’on nomme pou-dres fulminantes.

L’eau dissout tous les chlorates, excepté le chlorate de proto-xyde de mercure ; leur dissolution n’est point troublée par l’azo-tate d’argent, ce qui les distingue des chlorures.

Dans les chlorates neutres, l’oxygène de l’acide est à celui dela base comme 5:1, = RO, Cl 2 O 5 .

Caractères génériques. — Si un sel projeté sur des charbonsardents en active la combustion; si, exposé à l’air, il ne répandaucune odeur de chlore ; si traité par l’acide sulfurique il dégageun gaz jaune d’odeur forte et analogue au chlore; si enfin sa dis-solution n'est pas troublée par l’azotate d’argent, on aura la cer-titude que l’on a affaire à un chlorate.

CHLORATE DE POTASSE. — Le seul des chlorates employé. Cesel est blanc, d’une saveur fraîche, un peu acerbe, cristallisant enlames rhomboïdales. Il fond au-dessous de la chaleur rouge, puisbout et se décompose en oxygène et en hvperchlorate, qui ne sedécompose qu’à une bien plus haute température. Si.on le mêle aun corps combustible, le soufre, par exemple, puis que l’on yverse une goutte (l’acide sulfurique concentré, il en résulte unevive combustion due à la décomposition subito de l’acide chlo-rique : aussi cette propriété est-elle mise à prolit dans la fabrica-tion des allumettes dites oxygénées.

Ce sel ne contenant pas d’eau, sa formule est K O, Cl 2 O 5 .

Il est toujours un produit de l’art; on se le procure en faisantpasser un courant de chlore dans une dissolution concentrée depotasse ; le sel ne tarde pas à se précipiter en écailles brillantes.(Voyez page 196 pour la théorie).

Usages. — On s’en sert pour obtenir l’oxygène et le deutoxydede chlore, pour faire les allumettes oxygénées et pour faire despoudres fulminantes, dont on se sert comme amorce dans les fusilsà piston.

POUDRES FULMINANTES. — Pour les préparer, on se sert dechlorate de potasse et d’un corps combustible. On commence parréduire en poudre séparément le chlorate et le corps combustible :celui-ci peut-être du charbon, du soufre, du lycopode, du phos-phore, un sulfure, etc. Cette pulvérisation achevée, on procède aumélange. Si le corps combustible est le charbon ou une matièrevégétale, on peut faire le mélange dans un mortier. Si, au con-traire, c’est le soufre ou un sulfure, il faut faire le mélange avecla barbe (l’une plume; enfin, pour le phosphore, après l’avoir ré-duit en poudre en l’agitant dans l’eau chaude, on le recouvre d’es-sence de térébenthine, on le mêle au chlorate en se servant des