Buch 
Chimie / A. Bouchardat
Entstehung
Seite
408
JPEG-Download
 

408 CHIMIE.

les corps gras forment un des éléments indispensables de la nu-trition. Si nous considérons maintenant leurs applications indus-trielles, nous voyons qu’ils sont d’un emploi journalier pour adou-cir le frottement des mécaniques, depuis les plus délicatesjusqu’aux plus grossières. Nous avons étudié, dans l’alinéa pré-cédent, la fabrication des savons, nous n’y reviendrons pas. 11nous reste à traiter des bougies stéariques et des chandelles per-fectionnées. Nous allons prendre pour guide, dans cette partie denotre travail, le Mémoire intéressant de M. Golfier-Besseyre.

BOUGIES STÉARIQUES . Blanchiment et durcissement des suifs.Extraction de la stéarine et de Voléine, et des acides stéarique etoléique, et leurs diverses applications. — Les bougies que l’on dé-signe dans le commerce sous les noms de bougies stéariques, bou-gies de l'étoile, du phénix, du soleil, etc., sont préparées avec lesacides margarique et stéarique retirés du suif. Cette fabricationa pris, depuis 1839, un grand développement. On en fabriqueannuellement à Paris plus de 100,000 kilogrammes. Cette indus-trie est née en France ; elle est fondée sur les résultats des bellesrecherches de M. Chcvrcul, sur les corps gras. La bougie stéa-rique a une très-belle apparence extérieure; elle est parfaitementlisse, aussi blanche, aussi sèche et aussi inodore que la cire. Lablancheur et l’éclat de sa lumière ne le cèdent en rien aux mêmeselfels de la bougie ordinaire. Elle brûle seulement un peu plusvite. Mais d’un autre cûté elle est moins chcre, et en réalité sonemploi est plus économique. Toutes ces circonstances militentonfaveur de ce beau produit des sciences chimiques.

Les travaux de M. Chevreul nous avaient très-bien fait con-naître la nature des principes immédiats fournis par les corpsgras; mais il restait à trouver des moyens manufacturiers pourarriver aux lins de diverses applications dont ils sont suscep-tibles. Nous dirons d’abord quels moyens manufacturiers ont étéemployés pour séparer directement l’oléine et la stéarine descorps gras; nous développerons ensuite, dans tous leurs détails,les moyens employés pour transformer les corps gras en acidesoléique et stéarique, puis les procédés pour séparer et purifierces acides; nous terminerons par les détails relatifs à l’emploide ces acides.

Extraction de la stéarine. — 11 faut quelquefois bien peu dechoses pour déterminer la séparation de l’oléine et de la stéarinemélangée dans les corps gras. On reconnaît que cette séparationest facile par un moyen bien simple ; s’il s’agit d’une graisse con-sistante comme du suif, del’axonge, etc., on en prend une par-celle, que l’on comprime entre les doigts, après l’avoir envelop-