INDIGO. 489
Sur la manière d'élre de l’indigo dans ks plantes. •— Nous al-lons extraire ce qui va suivre d’un travail important deM. Preisser.
« Les plantes qui fournissent l’indigo ne renferment, tant qu’el-les sont vivantes, aucune trace de cette matière colorante. Le sucqu’elles donnent par expression est jaunâtre ; mais, dès qu’il a lecontact de l’air, il verdit; puis, au bout d’un certain temps, il secouvre d’une pellicule irisée ; enfin, si on l’agite de manière àmultiplier ses surfaces, il se trouble et laisse déposer des floconsbleus, qui ne sont autre chose que l’indigo.
» Voilà le premier fait acquis à la science sur l’influencequ’exerce l’air pour la production des couleurs végétales; c’estBerlhoilet qui développa cette idée et qui donna la clef des phéno-mènes de décoloration et de régénération que l’indigo du com-merce présente dans les opérations de la teinture.
» Pour Berthollct, l’indigo bleu doit son insolubilité et sa cou-leur à un excès d’oxygène ; on peut le comparer à un métal qui, àun certain degré d’oxydation, devient insoluble dans les acides,et qui reprend de la solubilité par l’action des substances quipeuvent diminuer son oxydation. Lorsqu’on le met en présencedes alcalis et des substances désoxydantes, telles que le sulfate defer, le sulfure d’arsenic, l’étain peu oxydé, etc., ces substances luienlèvent de l’oxygène, le ramènent à l’état d’indigo blanc, auquelles alcalis s’unissent en lui donnant plus de solubilité. Lorsqu’uneétoffe est plongée dans cette dissolution alcaline d’indigo désoxy-géné, ce dernier abandonne l’alcali pour se porter sur l’étoffe ; etlorsque celle-ci est exposée à l’air, l’indigo blanc attire l’oxygènede l’air pour reconstituer de l’indigo bleu qui colore dès-lors letissu. On produit le même effet, si, au sortir du bain, on trempecelui-ci dans l’acide muriatique oxygéné (chlore) très-faible.
» M. Dumas assigne les formules suivantes aux deux espècesd’indigotine :
Indigotine bleue.C 16 II 10 Àz 2 O 2
Iudigotine blanche.C 16 H 12 Àz 2 O 2
11 y a donc deux atomes d’hydrogène en plus dans l’indigo ré-duit, que l’on peut alors représenter par C 16 II 10 Az 2 0 2 +Il 2 ;c’est-à-dire par un hydrure d’indigotine bleue , analogue à l’hy-drure de benzoïlc.
” L’indigotine bleue serait, dans cette manière de voir, un ra-dical fonctionnant comme les radicaux hypothétiques, le ben-zoïle, le salicyle. En adoptant ce point de vue, il faudrait néces-sairement expliquer le rôle de l’air sur l’indigo dissous dans lescuves, tout autrement qu’on ne l’a fait jusqu’ici, et concevoir que,